Le hooy kaye museum se situe dans l'unique entrepôt
survivant du 17ème siècle du vieux port
de Bruxelles. Le musée est une asbl de fonds
privés en vue de développer et promouvoir
des expositions de l'art contemporain et antique sans à priori.
Le but du musée est d'héberger des activités
culturelles diverses afin d'être une plate-forme
propice à des interactions avec des artistes.
Collection et musée privés -
Claude Lorent
La vie artistique d’une ville dépend
pour bonne part du dynamisme de ses institutions et
de leur aptitude tant à faire valoir leurs propres
richesses qu’à révéler les élans
créateurs. Bruxelles, ville doublement capitale
puisque belge et européenne, compte quelques
institutions de renom vouées aux arts anciens
et modernes, beaucoup plus parcimonieusement aux arts
contemporains. Elle ne dispose malheureusement d’aucun
lieu d’envergure et de stature internationale
spécifiquement consacré aux arts contemporains
et actuels.
Le nouveau lieu qui s’ouvre au cœur de
Bruxelles a pour intention de réunir plusieurs
fonctions en une seule dans un décloisonnement
des pratiques culturelles et artistiques. Certes il
n’a pas l’ambition de rivaliser avec les
grandes institutions, il ne dispose ni des moyens,
ni des espaces nécessaires, mais son apport
devrait être complémentaire et original
grâce à une totale liberté d’action
qui n’est pas souvent l’apanage des lieux
officiels.
Le concept ici développé n’est
pas d’usage courant en Belgique même s’il
existe quelques exemples de choix. Le hooy kaye museum
répondant nécessairement aux critères
de base en matière muséale, est en effet
un musée d’initiative et de gestion privées.
Son but premier étant de porter vers le public
des œuvres anciennes, primitives ou contemporaines,
sans aucune frontière de provenance, et des
démarches jusqu’ici généralement
inédites ou méconnues à Bruxelles,
il a choisi à cet effet d’exposer des
pièces de collections privées et à l’occasion
de travailler avec des plasticiens contemporains.
Si la direction générale est assurée
par Corinne De Coninck, amateur d’art dont l’expérience
professionnelle s’exerce dans le monde financier à Londres
et à Bruxelles, la direction artistique a été confié à un
plasticien allemand, Oliver Kruse, par ailleurs membre
du Conseil d’administration de la fondation Insel
Hombroich dont on connaît le magnifique musée
de conception on ne peut plus originale. Une complémentarité qui
devrait garantir un bon avenir artistique et fonctionnel.
Pour mener à bien ces activités il fallait
surtout un écrin de choix. Il l’est assurément
dans une alliance de très bon aloi entre l’historique,
le patrimonial et le contemporain, dans une sobriété qui
servira les œuvres présentée. Ancien
entrepôt du XVIIe siècle situé alors
le long des quais du vieux port de Bruxelles, la bâtisse
a été totalement rénovée
selon une conception architecturale d’Oliver
Kruse préservant ce qui pouvait et méritait
de l’être : quelques murs de brique et
des sols pavés, aménageant de blanc neutre
et lumineux tout le reste : une association réussie
du passé et du présent. Quant au mobilier,
il s’annonce d’une belle rigueur non ostentatoire.
La première exposition sera d’art ancien
de tradition, une programmation contemporaine se profile
servie à n’en pas douter par ces espaces
adaptables aux exigences actuelles.
Seul l’avenir dira la qualité et l’originalité de
l’entreprise, les prémices néanmoins
sont nettement prometteurs et l’on ne peut que
se réjouir et se féliciter de voir naître, à Bruxelles,
une telle réalisation amplement ouverte sur
l’art du monde, sans a priori et en brassant
le temps.
Le choc des cultures est l’une des conséquences
de la mondialisation, qu’il se transforme en
un tel lieu en rencontres pour une meilleure connaissance
et une compréhension réciproque ne peut
que favoriser un avenir serein, de respect et de richesse
culturelle autant qu’artistique. Que ce projet
voit le jour à Bruxelles est un cadeau.
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